17/08/2006

Sacré Gégé : 1ère partie

Je vais vous raconter une histoire qui nous est arrivée il y a quelques années.

 

Quand nous avons emménagé dans notre maison il y a 17 ans, nous avions en face de chez nous  un couple qui vivait avec ces trois garçons. Au début, tout se passait très bien. La maman était une vraie mère poule pour sa famille y compris son mari.

Nous avions des relations courtoises. «  Bonjour » « Bonsoir » etc. Quelquefois, nous discutions de choses et d’autres et bien sûr essentiellement de nos enfants, qui sont, il faut bien le dire, La préoccupation principale de tout parent.

Un jour,  elle m’expliqua que son cadet qui  n’arrivait pas à suivre à l’école et qui n’avait jamais réussi à apprendre à lire et à écrire,  allait être mis pour la rentrée suivante dans une école spécialisée pour enfants en difficultés. Elle avait un problème car un mini bus devait le prendre devant la maison à 9 heures tous les matins, alors qu’elle partait  pour le travail à 7 h 30. Elle craignait de le laisser tout seul et surtout qu’il ne ferme pas la porte à clés en partant. Gégé avait alors 8 ou 9 ans.

Dans un élan de je ne sais quoi, je lui proposais de lui garder tous les matins jusqu’à ce que je parte vers 8h45. Il ne resterait alors à Gégé qu’un quart d’heure à attendre devant la maison.

C’est ainsi que tous les matins Gégé s’asseyait à la table de ma cuisine, mangeait quelques gâteaux tout en buvant un verre de lait. Il ne me dérangeait pas. Gégé ne parlait pas beaucoup et était très poli. Ceci a duré quelques années. Au fil du temps, il est devenu copain avec mon fils  "P’tit cœur d’amour qui a 4 ans de moins que lui.

Ils étaient devenus inséparables. A un tel point que quand je punissais P’tit cœur d’amour de sortie parce qu’il avait fait une bêtise, je culpabilisais parce que Gégé passait la journée entière devant sa maison à l’attendre. De même quand p’tit cœur d’amour faisait ses devoirs,  Gégé attendait devant sa fenêtre de chambre. Tous les mercredis, samedis, et dimanches à 13 heures, Gégé frappait à la porte pour venir chercher son copain. J’étais un peu agacée. Agacée parce que nous étions toujours à table à cette heure là,  agacée parce que j’avais beau dire à Gégé de venir plus tard et qu’il n’en tenait pas compte,  agacée parce que ces parents ne lui disaient rien. Pourtant, ils savaient que nous mangions à cette heure ci.

Inséparables ils l'étaient vraiment. Gégé ne voyait que par P'tit coeur d'amour et s'inquiétait dès qu'il était malade. Je voyais bien que ce comportement était anormal mais je ne voyais pas comment en sortir. Déjà, j'étais  inquiète de la manière dont cette histoire allait se terminer. Ma mère aussi me le répétait souvent mais que pouvais-je faire ?

 

17:56 Écrit par nid d'abeilles dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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