17/08/2006

Sacré Gégé : 4ème partie

 

Voyant que la situation ne s’arrangeait pas, j’en ai parlé à la maman de Gégé. Je la revois, assise au bout de la table de la salle à manger en train de pleurer. Pleurer,  parce que Gégé avait pris le dessus. Il lui volait des sous dans son porte-monnaie, il l’insultait, faisait semblant de lui mettre des coups jusqu’au jour où……

 Gégé était assis en face de moi et nous regardait avec un petit sourire en coin. Ce jour là, j’ai compris qu’il nous serait difficile de sortir de cette situation.

Et le père me direz vous ? Lui, c’est le genre de mâle macho qui laisse « maman » tout gérer à la maison jusqu’à l’éducation des enfants et quand nous lui racontions ce qui se passait pour qu'il intervienne, il nous répondait que c'étaient des histoires de mômes, qu’il ne fallait pas s’en mêler. C’est lui qui aurait mérité des claques !!!!

Et puis un jour, je me suis mise en pétard. Mes enfants avaient passé l’après-midi à la piscine municipale et Gégé  avait encore giflé P’tit cœur d’amour. Mais il était malin. Il s’arrangeait toujours pour agresser sans qu’aucun adulte ne le voie. Sauf que cette fois, ce sont d’autres gamins qui me l’ont raconté. Alors, j’ai engueulé Gégé et je lui ai suggéré de ne jamais recommencé à toucher à P’tit cœur d’amour où il aurait affaire à moi. J’ai essayé de lui faire peur, en vain…..

Ne voyant pas d’issue, la mère ayant jeté l’éponge et commençant vraiment à m’inquiéter, je suis allée déposer une «  main courante » à la police. Gégé avait 16 ans.

Et puis un soir, alors que nous étions tranquillement en train de regarder la télévision nous avons entendu un gros boum. Nous sommes sortis et avons trouvé des cailloux devant la porte d’entrée. Gégé  était passé à autre chose. Il n’embêtait plus p’tit cœur d’amour (ouf !), mais s’en prenait à nous.

Le lendemain, nous nous sommes plains à ces parents. Eux aussi étaient passés à autre chose. Ils ne nous croyaient plus (ou ne voulaient plus nous croire). Bien sûr, c’était plus simple que d’intervenir auprès de leur fils qui au fil des années prenait vraiment de l’assurance. Gégé se sentant  soutenu par ses parents nous narguait. Il donnait des coups de poing sur la voiture, se mettait en travers de ma route quand je démarrais, se tenait debout devant chez lui et me regardait droit dans les yeux. Bien sûr, il faisait tout ça quand il n’y avait aucun témoin.

Un matin, il m’attendit devant chez moi, hurlant qu’il allait me tuer. Que je n’avais pas assez de c…… pour sortir et me battre avec lui. J’essayais de garder mon calme tout en ne voyant pas d’issue. Régulièrement des cailloux atterrissaient dans notre porte d’entrée. Nous étions persuadés que c’était lui, mais jamais nous n'avions pu le prendre sur le fait. Alors, on a déposé une plainte auprès de la police. Ils ont convoqué Gégé et sa mère. Elle a pleuré, ils ont été attendris. Gégé a juré que ce n’était pas lui et que c’étaient les autres gamins du quartier. Ils ont été convoqués eux aussi, les uns après les autres, accusés par Gégé.  Ils ont juré que ce n’était pas eux. Aucune preuve et les cailloux continuaient à atterrir dans notre maison et nous continuions, sur leurs conseils à faire déplacer les policiers à chaque fois et à déposer une plainte. D’ailleurs, j’avais sympathisé avec Monsieur C. C’était mon flic préféré. A l’écoute, il avait bien conscience que ça pouvait dégénérer. Il avait reconvoqué Gégé et sa maman et était persuadé qu’elle l’avait mené en bateau,  que Gégé mentait et qu’elle le savait.

+ de 2 ans. Ca a duré + de 2 ans. Je pétais un câble. Plus le temps passait plus Gégé se sentait fort. Il me narguait, me menaçait, me disait qu’il attendait mon mari pour qu’il se batte. Gégé avait alors 18 ans et …. Une voiture. Il s’amusait à faire semblant de m’écraser. D’un commun accord, nous avions décidé que mon mari ne s’en mêlerait pas. Il lui aurait cassé la gueule. Avec le recul, je  me dis que ça aurait pu être la solution. Quoique…..

Le temps passait et ma porte d’entrée ressemblait de plus en plus à du gruyère. Un jour, Monsieur C m’a dit qu’il n’y avait qu’une solution. C’était que je le prenne en flagrant délit et que je le prenne en photo. Alors, plusieurs soirs je me suis cachée derrière la murette devant chez moi, sous la pluie. Et puis, le jour tant attendu est arrivé. J’ai vu la porte d’entrée de la maison d’en face s’ouvrir. Gégé est sorti. A ramassé un caillou et a traversé la rue. Son caillou a atterri dans ma porte. J’ai pris la photo et je lui ai hurlé. « Tu vois que c’est toi, je t’ai vu »

Et là, il s’est retourné et d’un grand sang froid m’a dit : « Non, ce n’est pas moi ».

Tout ce qu’il pouvait dire maintenant, je m’en fichais. J’avais ma preuve.

J’ai vite fait développé la pellicule, mais sur la photo on ne voyait qu’un bras, c’était tout. Bien entendu, je n’avais pas ma preuve mais j’étais vraiment sûre, que les cailloux, c’était lui. Un jour, nous avons retrouvé le pneu de la voiture coupé. Replainte. Monsieur C a confirmé. Le pneu a été tranché volontairement.

Et Gégé ne lançait plus des cailloux mais me narguait. Il allait me tuer disait-il. Il se mettait devant ma voiture. Et puis un jour, je me suis fais peur. J’étais prête à enclencher la 1ère. Je crois que j’aurais été capable de l’écraser.

Je suis allée chez les flics et j’ai gueulé. Je leur ai dit que la prochaine fois, je l’écrasais. Que s’ils n’agissaient pas, ça allait finir très mal. Là, ils ont du se dire que Madame Nid devenait folle. Ils m’ont promis de faire quelque chose. Ils allaient le convoquer le soir même, sans sa mère puisqu’il avait maintenant 18 ans et qu’ils allaient le calmer.

Le lendemain Monsieur C me téléphonait au bureau.

« Madame Nid ? ça y est, il a avoué. J’ai bluffé avec la photo en lui faisant croire qu’il était dessus. Il n’a pas tout avoué mais il a dit que le pneu c’était lui et 2 de ces copains du centre et que les cailloux aussi, mais uniquement la fois où il a été pris en photo (ben voyons). La bonne nouvelle c’est que ça nous suffit pour qu’il soit convoqué par le procureur. »

A partir de ce moment là, ça a été fini. Il tournait la tête quand nous nous croisions et m’évitait au lieu de s’arranger à être dehors quand je rentrais ou que je sortais de chez moi.

Quelques semaines après, le procureur m’a convoquée. Et quoiqu’on peut dire du système judiciaire, je me suis sentie soutenue, écoutée  et ….. soulagée. Ils ont pris une amende, ont remboursé le pneu, ont payé les réparations de la porte d’entrée et ont fait quelques heures de travail d’utilité public.

Plusieurs mois après, leur maison était en vente. Je ne sais pas si c’est par honte ou parce que les parents avaient peur de la suite, mais je m’en fou. Ils sont partis vivre ailleurs et nous avons enfin pu profiter de la vie. Quand je dis nous, ce sont mes enfants, mon mari, mes parents et moi. Car vraiment, nous étions inquiets.

 

 

18:55 Écrit par nid d'abeilles dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Heureux qu'ils soient partis enfin vous pourrez vivre sereinement.
Je crains fort pour l'avenir de ce petit con,dans le future sa prochaine maison sera surement une maison d'arrêt.

Quelle histoire quand même!

bonne soirée @++

Écrit par : Pascal | 17/08/2006

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